Chapitre 8 – Les conseils de base

CHAPITRE VIII

LES CONSEILS DE BASE

Anschy von der Magistrale 1994

Vous l’avez enfin, ce berger allemand que vous attendiez tant. Rassurez-vous, ce n’est pas un monstre. Si vous ne commettez pas un certain nombre d’erreurs, si, bien mieux, vous agissez avec lui en respectant les règles, vous allez découvrir, au fil des jours, cet animal merveilleux, qui en a séduit bien d’autres avant vous, et qui continuera après votre départ.

Les fautes classiques

  1. Vous le frapperez. Pour le punir ou pour le faire obéir. En respectant, en toute bonne foi, les conseils du patron du bistrot du coin, et, quelquefois, de certains vétérinaires ou éleveurs.

C’est la plus grave des fautes. Même avec un journal roulé en tuyau, même pas fort, si vous battez votre chien, et même si vous levez la main pour le menacer, vous créez toutes les conditions pour faire de lui un berger allemand dangereux.

2. Vous donnerez trop d’ordres : vous le saoûlerez. Vous en direz tellement qu’il ne vous entendra même plus.

3. Vous le punirez s’il revient trop lentement. Et vous vous étonnerez quand, la fois suivante, il reviendra encore moins bien.

4. Vous croirez qu’il obéira définitivement parce qu’il a obéi une fois ou deux. Or, si le chien est un être d’apprentissage et d’obéissance, puisqu’il obéit bien au chef de meute dans la nature, il est également un animal de contestation. La meute exige que le chef de meute soit le meilleur de la meute. A la moindre faille, son premier lieutenant le remplace, instantanément. Votre chien vous obéira parfois, mais vous testera toujours.

5. Vous tolérerez une obéissance approximative. Une règle: ne donnez pas beaucoup d’ordres, dix par jour au maximum. Mais quand vous donnez un ordre, votre chien doit obéir comme un cadavre, « ad cadaver ». Au millimètre et dans la seconde. Vos ordres doivent être sacrés. Ne laissez pas votre chien grignoter le bout de votre petit doigt : il finirait par vous dévorer le bras entier.

6. Vous voudrez le faire obéir sans matériel. Par excès de confiance en vous, vous croirez pouvoir obtenir son obéissance sans collier, sans laisse, sans longe, sans muselière. Comme les champions. Moi, qui m’y connais quand même un peu, je ne saurais pas. Et j’utilise le matériel pendant très longtemps.

7. Vous croirez que votre chien peut se projeter dans le temps et dans l’espace. Grave erreur. Il vit ici et maintenant. Ne faites pas appel à sa raison. Ne lui dites pas : « Sois raisonnable, sinon je vais te punir ». Il n’a pas de raison. Il est seulement doté d’une formidable intelligence pratique et immédiate.

8. Vous imaginerez qu’il vous obéit pour vous faire plaisir. Il obéit pour se faire plaisir à lui-même. Donc, pour le faire obéir, trouvez ce qui lui fait vraiment plaisir. Et récompensez-le vraiment beaucoup.

9. Vous croirez qu’un chien obéit à un seul maître. Il obéit à tous ceux qui connaissent les codes, et qui les utilisent. Sinon, tous les chiens qui passent chez moi en dressage m’obéiraient à moi et pas à leur propriétaire !

10. Vous prêterez au petit berger allemand une solidité physique qu’il ne possède pas. Ehrard Thierolf, éleveur de berger allemand, près de Francfort, m’a raconté qu’un jour il avait vu mourir dans ses bras après deux heures de trajet en voiture, un chiot de 3 mois qu’il venait d’acheter chez un de ses amis, Mort de stress.

11. Vous hurlerez pour vous faire obéir. Mais votre élève n’est pas sourd. La seule chose que vous obtiendrez, c’est qu’il se mettra lui aussi à aboyer !

12. Vous baratterez trop votre jeune animal quand il vous accompagne en voiture. Adoptez une conduite

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