Chapitre 6 – Un chien à cultiver

CHAPITRE VI


UN CHIEN A CULTIVER

Quand on me présente un berger allemand, on me demande presque toujours d’où provient son caractère.

Je réponds bien entendu qu’il y a deux grandes causes:

1. l’origine, la génétique, les ancêtres,

2. la culture acquise.

Tout ce que j’écris et tout ce que je fais quotidiennement en dressage traite de la culture acquise ou à acquérir. Je ne parle pas trop de la partie génétique, d’abord parce que je n’en suis pas un expert, et puis parce que je sais par expérience qu’on peut beaucoup modifier un comportement, surtout chez le berger allemand, chien souple d’esprit entre tous.

Malgré tout, je dois avouer que les éléments généalogiques influencent grandement le caractère du chien.

1974

Les familles comportementales

Je ne peux pas m’empêcher de citer une étude, rapportée par von Stephanitz, et effectuée par un journaliste allemand, qui concluait que « au 19ème siècle, parmi tous les professeurs et artistes renommés qui vivaient dans la Souabe et dans la région de Baden, fort nombreux, et dans une proportion considérable, étaient ceux qui portaient sur leur arbre généalogique un ancêtre commun, une dame surdouée aux talents extraordinaires, dotée d’un esprit exceptionnel, qui habitait le sud-ouest de l’Allemagne au 17ème siècle. » Cette dame, en deux siècles, avait littéralement irrigué l’élite de sa région. Et on entend parfois certains éleveurs dire que l’influence d’un géniteur a disparu en six générations…

Plus près de nous, le fameux Canto von der Wienerau, le sang dominant de nombreuses lignées, surtout en France, puisqu’il y a été abondamment utilisé, a instillé dans toute la race une certaine faiblesse de caractère qu’il a héritée de son père. Au point que le berger allemand a quasiment disparu des grands rendez-vous du ring, donc du travail de chien de défense au plus haut niveau.

Alors que, au contraire, les lignées fortes, dans les années 1970, soutenaient parfaitement la comparaison avec les autres races. Le célèbre étalon Warro vom Schlackenbrunnen a donné, à lui seul, trois champions de France de travail pratique en campagne, Lobo, Lork, et Lark, chez deux éleveurs différents.

Je répète volontiers qu’il n’y a pas de caractéristique comportementale particulière dans une race, surtout quand il s’agit du berger allemand, chien doté de toutes les aptitudes. Il y a véritablement toutes les sortes de caractères natifs dans ce chien, des mous, des nerveux, des paisibles, des hargneux, des durs à cuire, des lâches, des malins, des stupides. Mais on trouve des similitudes véritables de caractère à l’intérieur des familles.

Si vous voyez un chien paisible et sûr de lui, il y a fort à parier que son père et sa mère sont également des animaux paisibles et sûrs d’eux. Pendant longtemps, on a refusé de porter foi à l’examen du coup de feu, où un juge tire une cartouche à blanc devant les chiens qu’il doit sélectionner. Aujourd’hui, cette épreuve est pratiquée dans tous les pays. Elle a permis d’éliminer de la reproduction beaucoup d’animaux peureux. Tous les juges admettent donc que les caractéristiques caractérielles se transmettent aussi bien que les particularités physiques.

La sagesse populaire affirme que les caractères sautent une génération : même chez l’être humain, les petits-fils ressemblent souvent, sur le plan du comportement, plus à leur grand-père qu’à leur père. C’est quelquefois vrai aussi chez le B.A.

Lasso vom Wiedenbrückerland, 1980

Une race au caractère souple

Maintenant après des milliers de dressages, j’ai la faiblesse de penser que, si les caractères

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